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 cold light. rage.

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MessageSujet: cold light. rage.   Sam 7 Nov - 20:36


    YEAH YEAH YEAHS - RICH

    « Je déteste cela. Le fric, les beaux appartements, l’argent qu’on jette à la face du monde. Ceci est abjecte, me dégoûte d’autant plus qu’on regarde les gens crever comme si c’était le spectacle le plus intéressant de la terre. Ils ont dû oublier que la misère n’était pas dans une exposition universelle. »



    Middle of the night. La lumière diffuse de la Lune se reflétait dans les vitraux de ce maudit château, se doutait Wakefield. Il se réveilla en sursaut, le visage de sa supposée cousine flottant dans l’air. Pourquoi ? Encore, et encore revenait cette question. Putain. Il ne comprenait plus rien. Il regarda sa montre. Il était plus d’une heure du matin. Il se leva, enfila un vieux jean troué et attrapa son vieux perfecto usé, d’un bleu vif qui avait survécu à plusieurs coups de couteau. Il l’enfila sans bruit par-dessus son pauvre marcel blanc, taché de café.

    « Je te vois. »
    « Ta gueule Jack, t’as rien vu. Et t’façon, j’en ai strictement rien à foutre tu sais. »
    « Tu vas encore voir une nana ? Jimmie ne serait pas très heureuse. »
    « Mais putain, ferme la. Je n’ai pas de compte à te rendre, ni à toi ni à personne, et encore moins à Jim’. Ce sont mes affaires, t’as rien à voir la dedans. Et si tu m’envies tellement, achète toi une autre vie mec. »

    Le silence régna, lourd, pesant. Seul le bruit de son briquet retentit dans la pièce. Wakefield était du genre à allumer ses clopes n’importe où, n’importe quand. Dans l’enceinte même. Cela n’avait pas d’importance, il n’allait pas l’emmerder pour un misérable cancer du poumon. Il traversa la salle commune des serpents. Jimmie était sa pauvre copine qui l’aimait, lui, l’insaisissable Caïn. Et il la haïssait, la rejetait de plus en plus fort pour qu’elle comprenne, mais elle ne comprenait jamais. Elle ne comprenait toujours pas son mode de penser, ne comprenait pas sa révolte. Il la trouvait abjecte, elle contribuait à le rendre malade. Sa maladie n’était que psychologique, mais ses conséquences bien réelles. Combien de fois s’était-il mis à vomir, ou clouer au lit par une nausée insoutenable ? Il ne les comptait même plus. Mais ce soir était un soir particulier. Vous verrez bien chers amis.

    Les couloirs étaient déserts. Le son des pas réguliers de Wakefield se répercutait le long des murs de pierres. Il écrasa sa clope par terre et en alluma une seconde immédiatement. Il ne craignait, et à vrai dire, il se foutait si l’autorité devait apparaître. Il se foutait de tout. Tous ses murs emplis de haine, de rage, de consommation de masse, d’abrutissement, de désintéressement total. A la fin, il ne resterait que le néant dans ce monde ignoble. Il n’y avait plus d’espoir, mais il se devait d’essayer, pour lui, pour le reste du monde, pour le salut de son âme, le pardon de la déchéance humaine. Il leur devait bien cela. Il leur devait sa protestation, sa propre existence. Et il voulait des réponses à ses questions qui le détruisaient, bousillaient sa révolte, mangeaient un peu plus de son esprit chaque jour. Il voulait dire non, il voulait se révolter, il voulait que tout le monde se rende compte des mensonges qu’on leur faisait avaler, de leurs esprits si malléables. Il trouvait les personnes en général de cette école si fades, sans profondeur réelle, de parfaits petits pantins croyant à la morale, à la distinction du bien et du mal. Mais tout ceci était de la foutaise. Il avait de le hurler à la face de chacun d’eux, de les secouer de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il crève d’épuisement. Mais il ne le faisait pas. Il n’avait pas le cran, pas le courage. Il préférait la manipulation, les sourires faux, tout ceci était tellement plus simple.

    Ses jambes le guidèrent jusqu’à une porte de bois, close. La salle d’Histoire de la Magie, salle bien peu utilisée. Le froid transperçait ses os, même au travers du cuir de son perfecto destroy. Il voyait la fumée bleuâtre de sa clope s’évaporait dans l’air. Il avait toujours aimé cette odeur de tabac froid, il trouvait cela rassurant. Jimmie ne fumait que rarement, et il détestait l’odeur de son parfum. Tout en elle lui filait la nausée, mais peut-être restait-il avec elle par lâcheté ? Elle lui faisait pitié, le dégoutait en réalité, mais il restait là. Parfois, elle venait le trouver, en pleurs, et c’est durant ces moments qu’il la trouvait abjecte. Elle était faible, impuissante, elle s’accrochait à lui comme si elle s’enfoncait au fond d’un puits sans fin.
    Il savait que la porte était ouverte. Celle qu’il avait le plus envie de voir était derrière cette porte fermée, il le savait. Sa comparse, sa seule et réelle amie était ici. Parfois, ils étaient tellement proches qu’il en avait peur. Comment était-ce possible, lui qui se croyait seul, le plus désillusionné de tous ? Il l’aimait, comme il n’avait jamais aimé personne dans sa vie. Ou plutôt, si, mais il ne parvenait à s’en souvenir. Elle était celle qui comptait le plus pour lui, celle qui le comprenait, celle qui l’aidait. Celle sans qui la vit était trop douloureuse, trop pénible. Il poussa délicatement la porte, sans bruit. Elle était là, celle qu’il avait envie de voir plus que personne d’autre. Bonnie. Sa moitié, sa complice. Il voyait sa silhouette dans la pénombre. Elle se trouvait dos à lui, face à la fenêtre entrouverte. Les rayons de lune éclairaient son visage délicat, ses cheveux courts brillaient d’une lumière surréaliste. Il s’approcha d’elle dans un silence de mort, comme s’il s’agissait d’un animal sauvage susceptible de prendre la fuite.

    « Rage. » murmura-t-il. Et il aspira une nouvelle bouffée de fumée âcre.


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cold light. rage.

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